Minia Biabiany

Musa nuit

2020

Installation comprenant la vidéo couleur sonore Musa, 7 sculptures en bois (acajou mare, abricotier pays) et 5 socles en osier blanc et métal, tressages en coton

Œuvre produite à La Verrière, Bruxelles en 2020 (exposition réalisée grâce au soutien de la Fondation d'entreprise Hermès)

Cette installation de Minia Biabiany a été conçue à l'occasion de son exposition éponyme à la Verrière en 2020. Musa est le nom savant du bananier, dont la fleur est présente dans le travail de l'artiste guadeloupéenne depuis la vidéo flè a poyo, restauring the body en 2015. L'installation gravite autour de cet élément végétal, défendu par des fils de coton tendus dans l'espace et des structures en bois minimalistes, pensées comme des abris. Cinq socles en osier tressés semblables à des bateaux ou des berceaux accueillent des sculptures réalisées par l'artiste d'après des dessins de sexes féminins. La transparence des éléments structurels, à la fois délicats et protecteurs, offre une multitude de points de vue au visiteur et contraste avec la mystérieuse opacité des sculptures. L'aspect charnel des bois sculptés à la main suspend toute discursivité et instaure un dialogue avec la vidéo Musa dont les images appellent le toucher : on y voit des mains occupées à nouer, tresser, déplier, déposer, toucher, caresser les différentes parties d'un bananier, mais aussi couper, trancher...

« Le besoin d'énoncer porte l'urgence de sentir. » Musa nuit est une réflexion sensuelle autour de la sexualité féminine perpétuellement contrainte par l'histoire coloniale, jusqu'à aujourd'hui. La fleur de bananier, qui évoque par sa couleur rouge le sang menstruel, a des vertus médicinales pour l'utérus. Elle évoque aussi l'exploitation brutale de la nature : importé en Guadeloupe où il n'est pas une espèce endémique, le bananier est lié au scandale du chlordécone, qui empoisonne les eaux, les sols et les habitants de l'île dont il atteint les facultés reproductives.
Minia Biabiany renouvelle cette interrogation : « qu’est-ce que l’on porte dans son corps, et surtout qu’est-ce que l’on décide d’en faire ?1 » et pose la nécessité d'une relecture de l'histoire au travers des sensations pour enfin restaurer ce qui a été abîmé.

→ Minia Biabiany

© photo Isabelle Arthuis

Minia Biabiany, Musa nuit, 2020
Vue de l'installation Musa nuit à La Verrière, Bruxelles, 2020 © photo Isabelle Arthuis

© photo Isabelle Arthuis

Minia Biabiany, Musa nuit, 2020
Vue de l'installation Musa nuit à La Verrière, Bruxelles, 2020 © photo Isabelle Arthuis

© photo Isabelle Arthuis

Minia Biabiany, Musa nuit, 2020
Vue de l'installation Musa nuit à La Verrière, Bruxelles, 2020 © photo Isabelle Arthuis

© photo Isabelle Arthuis

Minia Biabiany, Musa nuit, 2020
Vue de l'installation Musa nuit à La Verrière, Bruxelles, 2020 © photo Isabelle Arthuis

© photo Isabelle Arthuis

Minia Biabiany, Musa nuit, 2020
Vue de l'installation Musa nuit à La Verrière, Bruxelles, 2020 © photo Isabelle Arthuis

© photo Isabelle Arthuis

Minia Biabiany, Musa nuit, 2020
Vue de l'installation Musa nuit à La Verrière, Bruxelles, 2020 © photo Isabelle Arthuis

Minia Biabiany, Musa, 2020 (Still)

Minia Biabiany, Musa, ​2020 (Still)

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imprimé le 24 septembre 2021 [04:27] depuis l'adresse IP : 3.238.132.225
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